Kun Li, correspondante de l'UNICEF, fait un rapport sur le Projet d'éducation des filles dans le nord du Nigéria.
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BAKORI, Nigéria, 11 avril 2007 - Débordant d'énergie, les élèves de l'Ecole primaire de la petite ville de Bakori, dans le nord du Nigéria, courent en rond dans le préau. Ils s'amusent en cours de gymnastique, donné par une enseignante.
Tous les garçons et les filles portent un uniforme blanc et vert, et pour les filles une longue hijab (voile) - une tradition Hausa respectée un peu partout dans la région.
A l'extérieur de l'école, derrière le portail, d'autres enfants attendent. Ils n'ont pas d'uniforme. Beaucoup d'entre eux portent de larges plateaux sur la tête en attendant de vendre leurs marchandises telles que du pain ou des cacahuètes à leurs camarades plus chanceux.
Quarante pour cent des enfants ne vont pas à l'école
Parmi les enfants qui travaillent, voici Jamila, 12 ans, qui fait du porte à porte chaque jour pour vendre ses légumes. Cela fait déjà quatre ans qu'elle a dû quitter l'école.

Jamila est l'une de ces nombreuses fillettes issues de milieux pauvres obligées de quitter l'école dans cette région du nord du Nigéria, où 40 pour cent des enfants en âge scolaire ne vont pas à l'école.
Soucieux de trouver une solution à ce problème de plus en plus pressant, le Gouvernement du Nigéria, l'UNICEF et d'autres partenaires ont lancé ici le Projet d'éducation des Filles. Ses objectifs : accueillir plus d'enfants à l'école, et réduire la disparité des sexes aux premier et deuxième cycles scolaires. Le Royaume-Uni s'étant engagé à fournir 50 millions de dollars, le projet a pu être lancé puis progresser rapidement.
Distribution de matériel scolaire
Comme Jamila, 10 ans, Wasila se souvient du choc qu'elle a reçu lorsque ses parents lui ont demandé de quitter l'école l'année dernière. « Mes parents m'ont demandé de laisser tomber l'école et de travailler pour que je puisse les aider, » se rappelle-t-elle. « J'étais tellement malheureuse que j'en avais presque de la fièvre ».
Heureusement, Wasila n'a pas manqué l'école pendant trop longtemps. Par le biais du Projet d'éducation des Filles, du matériel scolaire a été distribué gratuitement dans plus de 700 écoles du nord du Nigéria, allégeant ainsi considérablement le fardeau financier des familles comme la sienne.
« Alors qu'elle n'était plus à l'école, j'ai entendu dire que l'école avait reçu du matériel, y compris des livres et des cartables, et cela a retenu mon attention, » dit Sani Hudu, le père de Wasila, qui a six autres enfants. « Alors j'ai décidé de la renvoyer à l'école."

Quand Wasila est retournée à l'école, elle fut accueillie dans un environnement spacieux et confortable.
« Tout est propre ici », s'exclame-t-elle en parlant de son école, qui avait pu être reconstruite grâce au Projet d'éducation des filles. Il y a même des pompes à eau, ainsi que des toilettes séparées pour les filles et les garçons. Les professeurs aussi ont droit à une formation supplémentaire.
« L'importance de l'éducation, par exemple, on la retrouve dans le fait qu'ici chacun peut devenir médecin pour aider les femmes à accoucher dans de bonnes conditions, » dit Wasila, qui travaille dur et qui est depuis devenue l'une des meilleures de sa classe. Elle prend au sérieux son éducation, bien consciente qu'au Nigéria, il y a encore beaucoup de filles qui n'ont pas eu de deuxième chance.
Après l'école, Wasila aime faire la lecture à son père et lui montre ce qu'elle a appris à l'école. Ses bonnes notes amènent un sourire rare sur les lèvres de M. Hudu, qui a bien des problèmes à élever ses sept enfants avec une petite pension.
Le petit frère de Wasila est à côté d'eux. Wasila l'encourage lorsqu'il essaie de mettre sur son dos le cartable bleu de sa sour offert par l'UNICEF. Sur le haut du sac, un slogan en langue Hausa dit clairement, « Apporte-moi à l'école ».