Cette Étude est une initiative collective directement soutenue par le Haut Commissariat aux droits de l'homme (OHCHR), le Fonds des Nations Unies pour l'enfance (UNICEF), et l'Organisation mondiale de la santé (OMS).
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Nicaragua : un nouveau modèle d'éducation nationale lutte contre la discrimination sexuelle, souvent liée à la violence au foyer

Et, ce qui est plus important, les professeurs et les parents font désormais attention au contenu de l'enseignement.
« Nous ne tolérons aucune discrimination sexuelle », dit Alex Bismar, responsable de l'école. « Notre stratégie, » poursuit-il, « est de confier les mêmes tâches aux garçons et aux filles, comme le nettoyage, par exemple. »
« Si les garçons protestent, nous leur expliquons pourquoi il ne faut pas réduire les gens à des stéréotypes, pourquoi les femmes peuvent faire tout ce que les hommes font, et vice-versa. Maintenant, les garçons acceptent d'accomplir des tâches qui ne sont pas caractéristiques des hommes, pas seulement à l'école, mais à la maison aussi. »

Les enfants latino-américains consultés dans le cadre d'une étude sur la violence à l'égard des enfants effectuée sous la responsabilité du Secrétaire général des Nations Unies ont déclaré observer quotidiennement différentes formes de violence entre leurs parents, notamment des mauvais traitements infligés à la mère par son compagnon. Un grand nombre de ces enfants ont estimé que les filles sont celles qui souffrent le plus de la violence sexuelle.
Les conclusions préliminaires de l'étude ont été soumises au début de ce mois à l'Assemblée générale des Nations Unies par le professeur Paulo Sérgio Pinheiro, expert indépendant nommé à la tête du projet.
« Sur tous les continents, les enfants m'ont dit combien la violence qu'ils endurent systématiquement à la maison, à l'école et dans d'autres institutions les blesse, physiquement et « à l'intérieur », a déclaré M. Pinheiro aux Nations Unies. « Ils m'ont dit aussi combien ils sont bouleversés par le fait que les adultes approuvent et acceptent cette violence. L'objectif de l'étude doit être de s'assurer que tous les enfants bénéficient de la même protection que les adultes. »
L'étude, qui sera publiée en 2006, sera le premier examen détaillé de la façon dont les enfants vivent la violence dans le monde, et proposera des mesures pour prévenir et éliminer cette violence.

Dans le modèle des « écoles amies des enfants » appliqué au Nicaragua, la violence est bannie sous toutes ses formes. « Nous discutons en classe des moyens de régler un conflit sans avoir recours à la violence, » explique M. Bismar, « et nous parlons ouvertement du machisme et d'autres stéréotypes sexistes. »
« Lorsqu'un élève nous signale un conflit ou des actes de maltraitance à la maison, nous abordons la question pendant les réunions de parents et d'enseignants que nous tenons régulièrement », dit M. Bismar. « Nous ne mettons pas les parents sur la sellette », ajoute-t-il, « mais nous évoquons le problèmes en termes généraux. »
Au Nicaragua, l'Initiative des écoles saines et amies des enfants est mise en oeuvre par le Ministère de l'Éducation, en coopération avec les Ministères de la Santé et de l'Environnement, le service des eaux, la Pan-American Health Organization, le Programme alimentaire mondial et l'UNICEF. Actuellement, 184 écoles ont adhéré à l'Initiative.
Une école amie des enfants donne de l'assurance à une fille
Les écoliers élisent un conseil des élèves à travers un processus semblable à celui d'une élection démocratique qui leur inculque des responsabilités civiques, tout en donnant aux garçons et aux filles des chances égales d'être élus et d'acquérir des aptitudes de dirigeants.
Dans la culture à prédominance masculine du Nicaragua, les filles s'épanouissent dans ce cadre scolaire amélioré. Beaucoup de conseils d'élèves sont dirigés par des filles, qui sont les preuves que leur nouveau rôle a un impact positif.
Liliam Espinoza, 11 ans, présidente du conseil des élèves de Victoria Rayo depuis l'an dernier, rayonne d'assurance. On ne peut plus l'arrêter lorsqu'elle commence à parler des avantages que son école, et elle, ont reçu depuis que les élèves ont leur mot à dire dans la gestion de l'école.
« J'étais très timide quand j'ai commencé à participer au conseil des élèves, » confie-t-elle avec un grand sourire, « mais plus maintenant. »
Liliam explique que son travail de déléguée de classe lui a beaucoup appris. Elle et ses camarades organisent des activités sportives et le nettoyage de l'école, mais siègent aussi au conseil de l'école, avec les professeurs et les parents, et protègent avec zèle l'intégrité des processus électoraux qu'ils sont chargés de gérer.
« Nous avons approfondi nos connaissances grâce au conseil des élèves », dit-elle, en ajoutant : « Nous avons des opinions plus fermes maintenant, et nous savons mieux nous exprimer. »
Il n'est pas facile de « désapprendre » des attitudes et des comportements qu'une culture vieille de plusieurs siècles a inculqués aux hommes (et aux femmes). Pour M. Bismar : « Il faudra un certain temps pour que ça change, mais avec le nouveau modèle d'école, les perspectives des enseignants et des parents se sont déjà élargies. »
