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Djibouti: Actualité

La détermination des parents garde les filles à l'école

©UNICEF/2005/Mekki
« Que tous ceux et celles qui vont à l'école lèvent la main! » Ardo s'enorgueillit d'un taux d'inscription de 100%.

Ardo, Djibouti, juin 2005 - Alors que dans de nombreux village des campagnes de Djibouti la pauvreté, le manque d'équipements scolaires et les contraintes culturelles empêchent les filles d'aller à l'école, dans certains autres ces obstacles n'ont fait que renforcer la détermination collective d'agir au mieux de l'intérêt des enfants.

Prenez par exemple Ardo. Ce village isolé est situé au nord, dans le district de Tadjoura, au bout d'une route de montagne escarpée et sans revêtement. L'école du village a ouvert ses portes en 1989 et s'enorgueillit actuellement de l'inscription de 91 élèves, dont 48 filles. Selon Mohamed Daoud, le chef du village, toutes les filles en âge d'aller à l'école y vont, bien que cela ne les exempte pas d'avoir à remplir leurs devoirs concernant les corvées d'eau. Mohamed explique ce taux d'inscription de 100 pour cent par la réalisation que l'éducation est synonyme de développement. « Les femmes qui vont à l'école sont plus utiles à leur famille. Elles réussissent mieux à la ville et prennent mieux soin de leur argent que les femmes qui n'ont pas d'éducation, » affirme-t-il.

© UNICEF/2005/Mekki
Fato : « L'école a changé ma vie. »

L'absence d'école secondaire à Ardo n'a pas découragé les parents d'offrir à leurs filles la possibilité de poursuivre des études. De nombreux parents envoient leurs enfants qui viennent de finir l'école primaire rester avec des parents qui habitent dans la ville voisine de Tadjoura, afin qu'ils puissent y fréquenter l'école secondaire. Ceux à qui ce luxe est inaccessible ne se résignent pas non plus à la fatalité. Un certain nombre de femmes ont en effet quitté le village pour s'établir à Tadjoura et donner une chance à leurs enfants.

C'est exactement ce qu'a fait la soeur de Fatma Daoud Omar. Il y a un peu plus de cinq ans, quand sa fille aînée a terminé l'école primaire, elle a déménagé avec elle à Tadjoura, emmenant également deux de ses plus jeunes enfants afin qu'ils puissent eux aussi, le temps venu, compléter leurs études. Les plus jeunes ont été laissés au village pour que Fatma s'occupe d'eux. Quand ses propres enfants auront fini l'école primaire, Fatma aussi a l'intention de déménager à Tadjoura. « Les mères sont celles qui veulent le plus envoyer leurs enfants à l'école. Même les pères ne sont pas aussi motivés, » affirme-t-elle.

Fato n'a pas eu cette chance, mais ce n'a pas été la fin du monde pour elle. À 18 ans, elle a déjà une bonne expérience des affaires. Ses années d'école primaire lui ont donné les qualifications nécessaires pour travailler aujourd'hui avec le secteur artisanal de son village. Elle touche une commission sur chaque objet qu'elle vend et utilise cet argent pour acheter en ville des marchandises qu'elle revend au village. « L'école a changé ma vie, dit-elle, elle m'a appris le français et m'a aidée à monter une petite affaire. » Les ambitions de Fato ne s'arrêtent pas là. Elle espère acquérir un minimum de qualifications dans le domaine de la santé et les utiliser pour offrir des conseils d'hygiène aux gens de son village.